• Le passage de frontière du Cambodge au Laos

    Le 30 mars nous partons de Phnom Penh pour le Laos, fiers d'avoir pris nos billets simplement par la compagnie de bus SORYA (vous pouvez retenir son nom, pub ou contre pub bienvenue) et d'avoir un trajet apparemment bien en place : départ à 6h45, arrivée à Stung Treng vers 16h, à la frontière vers 17h, attente par la compagnie pendant 1h, le temps de faire les visas et le tampon d'entrée au Laos. transfert en pick up pour l'embarcadère afin de gagner les îles du Mékong. L'eau est aussi servie à bord.

    Nous avons aussi fait répéter, droit dans les yeux, par le vendeur du guichet le prix du voyage et l'absence de frais supplémentaires pour le passage de la frontière  : "30 Dollars, no more, and the company makes the transfer for you ".

    Confiants, nous nous lançons donc dans le voyage, 12 h de bus, un peu long, mais pas de raison de s'en faire plus que ça. Le stewart parle bien l'anglais, tout va bien.

    Vers 10h, le stewart nous distribue les papiers d'entrée au laos et nous précise qu'il faudra compter, en plus du prix du visa, 3 dollars pour la sortie, et 3 dollars pour l'entrée au Laos, ceci bien sûr par personne. Grand seigneur il nous jure ne rien toucher au passage. Je le regarde gentiment, droit dans les yeux, et lui annonce la couleur tout de suite : "we will not pay". "Up to you" me répond-il. Il faudra qu'on porte nos bagages parce qu'ils débarqueront nos sacs et qu'ils ne nous attendront pas, si cela prend du retard. Il nous laisse nos papiers, nos passeports et refuse de s'occuper de nous jusqu'à la fin. Il n'y aura plus un mot à notre attention, plus une explication sur la suite du voyage. La partie de bras de fer commence, la guerre des nerfs jusqu'à la frontière.

    Plus tard dans la journée, il explique aux petits babas cools du fond du bus, (qui bien sûr, ont payé, eux ils sont cools, normal, y'en a d'autres qui se battent, c'est pratique...) qu'on aura du retard, parce que les routes sont mauvaises (c'est pas nouveau, au Cambodge ça fait 30 ans que les routes sont mauvaises), et qu'il va falloir ajouter un dollar pour heures supplémentaires.

    Pour nous cela signifie bien sur qu'on n'aura pas le temps de parlementer et que le bus ne nous attendra pas. Nous voilà partis avec Etienne dans tous les scénarios possibles.

    Le voyage se poursuit encore, 150 km avant la frontière les routes redeviennent praticables et le bus ne quitte pas les 50 km/h afin de bien nous faire mariner. Mais pas pour autant de pause pipi digne de ce nom, seuls les hommes peuvent faire une petite pause sur le bord de la route, pour les filles débrouillez vous. Aurais-je énervé ce monsieur? ...

    Nous arrivons à la frontière à la fermeture, comme par hasard, à 18h. Le stewart court, court, court, (bien sûr maintenant il est pressé) avec ses passeports et sa liasse de dollars, vers la baraque des douanes cambodgiennes pour le tampon de sortie. Il me plante au pied du bus... pas de problème, je le suis avec mes petits passeports jusqu'à la baraque, où on traite mes passeports en dernier. Le cambodgien m'annonce 2 dollars de backchich par personne, (tiens, ce n'est plus 3 dollars?) . Je le regarde droit dans les yeux, et lui dis que non, je ne paierai pas. Il claque la porte, non sans avoir rétribué le gentil stewart pour les services rendus (je croyais qu'il ne prenait rien?)

    Son copain prend le relais, il ne doit pas être du même avis, car il reprend la pile de passeports et me la tend, sans discuter. Coup de bol, super coup de bol. Ils ont sans doute déjà bien gagné leur journée. On poursuit le parcours vers la frontière lao, à quelques dizaines de mètres.

    Arrivés coté Lao, je tends la pile de passeports, les papiers, les dollars, y compris le dollar de plus pour heures supplémentaire. Un peu légaliste la chacha, j'accepte pour cette fois car c'est annoncé sur le panneau. Le temps passe, pour nous comme pour les autres. Les enfants s'impatientent, fatigués. On se lance dans 1 , 2, 3 soleil, ou pierre-feuilles-ciseaux, pas très convaincus quand même.

    Vient le moment tant attendu du tampon. Le stewart récupère sa pile de passeports tamponnés et part vers le bus. Je reste, j'attends. Etienne et les enfants remontent dans le bus afin que ce dernier ne parte pas. On peut débarquer des sacs, mais des enfants, c'est sans doute plus délicat, surtout devant un public occidental... Il est 19h, il fait nuit noire. Il reste encore 30 min de bus, pick up, et bateau avant d'arriver. hmhmhmh, je respire par le ventre, tout va bien se passer.

    On m'annonce le prix du tampon, 2 dollars par personne. Je refuse de payer, ce qui met hors de lui le stewart qui était revenu voir où j'en étais. Grands cris de sa part, je répète en lui demandant comment il ose accepter des pratiques pareilles (histoire de l'énerver encore un peu). Pendant ce temps, le douanier lao a mis les passeports de coté et a claqué la porte lui aussi. Je commence à avoir l'habitude de ce genre de claquements de portes.

    Finalement, un autre douanier reprend les choses en mains. Ce sera gratuit pour les enfants, mais deux dollars par adulte. Je lui réponds doucement que ce sera 2 dollars en tout. OK, top là, je repars avec mes passeports tamponnés.

    Dans le bus, c'est moins calme. Le stewart a commencé à débarquer les bagages, les enfants sont en pleurs, et les babas cools s'impatientent. Mais on repart. Notre voisine chinoise est toute contente de ce qui s'est passé, et nous soutient manifestement.

    Morale de l'histoire,... faut pas rouler à 50 km heure quand on peut rouler à 90 !!?

    Pour ceux qui ambitionnent de passer la frontière, faites bien vos choix, l'essentiel étant d'être en accord avec soi même. Pour ma part c'est chose faite, en plus j'ai réussi à faire sortir de ses gonds un asiatique!...

    et retenez bien "SORYA company",....

     

    Le passage de frontière du Cambodge au Laos

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    Le passage de frontière du Cambodge au Laos

     

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  • Commentaires

    1
    mamiemo
    Mercredi 2 Avril 2014 à 09:26

    je reconnais bien là notre "Chacha" mais quand même il faut de l'énergie et la volonté de ne pas se laisser faire en tout cas


    merci à tous les 5 pour vos reportages et pour le coeur mis dans les descriptions je vous embrasse

    2
    Philippe
    Mercredi 2 Avril 2014 à 14:08

    Faudrait prévenir les 10fois80jours, qui vont bientôt être affrontés aux mêmes grigoux ! (je suis leur grand-père, on s'est croisé à Siem Riep il y a qq jours).

    3
    Philippe Savelli
    Lundi 7 Avril 2014 à 17:31

    Parfait ton récit! Tu as raison d'entretenir ta combativité. C'est un type de négociation un peu particulier, mais, après tout, ça te sera peut être utile à ton retour en France. Au train où vous les choses ici.....Bises à tous.

    4
    edith orelu
    Lundi 7 Avril 2014 à 20:16

    Quelle aventure! ce souvenir restera gravé pour les enfants!!! en tout cas bravo pour ta ténacité! biz

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    5
    Cécile
    Mardi 8 Avril 2014 à 14:45
    Charlotte intraitable en négo!!...cela me rappelle un certain voyage à Salt Lake
    6
    El Julio
    Mercredi 9 Avril 2014 à 12:04

    Eh bien, bienvenu au club !

    Nous, c'est dans le sens Angkor - iles Thailande, qu'on s'est bien fait enflé.

    Petit bus qui roule a 2km/h pour arriver à la douane. Changement de bus qui prend 2h. Pour finalement arriver trop tard pour le ferry. Heureusement le chauffeur connaissait un gite sympa (payant) ou tout le monde pourrait dormir, avant de prendre le bateau le lendemain.

    Le pire, c'est qu'on nous avait déjà parlé de cette arnaque... et qu'on pensait l'avoir évité. Le "droit dans les yeux", ca marche moyen...

     

    PS : Etienne, la plante va mal. Je crois que tu lui manque.

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